30 octobre 2008
Down to earth girl, arriba ! On a besoin de toi !
La force du bigoudi m'accompagne.
En la voyant palpiter et frétiller au coin de la rue, qui n'a jamais eu envie d'attraper une tendance par la queue pour lui donner de l'embonpoint et s'en déclarer père et mère à la face du monde entier ?
Si ce projet d'envergure a échoué, voici pourquoi :
Comme la météo au journal de 20 heures, la tendance, te tient en haleine. Tu la vois, tu la regardes, tu fronces les sourcils, tu prends tes dispositions, 3 kilos d'imperméable et de parapluie qu'il faudra finalement traîner sous un soleil de plomb en remâchant des insultes contre Météo-France.
En fait, ce n'était qu'un mirage, une apparition, une brume d'honnêteté traversant l'étude d'un notaire, laissant dans son sillage le sombre malaise qui vaudra aux clercs en service trois mois de terreurs nocturnes.
Volatile et sournoise, à peine est-elle apparue que tu n'as même pas pu l'identifier.
Un exemple : Fifi Brindacier. Stieg Larsson s'en est inspiré pour le personnage de Lisbeth Salander dans Millénium.
Pour autant, la tendance à t-elle prospéré ? Une mère au naturel, sans apport extérieur de substances aliénantes, a t-elle imposé à sa progéniture le port de couettes oranges horizontales ? Oui ? Je veux bien voir les photos…
L'identification réussie est-elle une assurance de longévité ? Pas sûr. Faut voir.
Voilà à quoi je songeais en lisant en octobre 2007, des annonces de partenaires masculins basés à New York, sur un site de rencontres majoritairement américain.
Curieuse de savoir ce qui déclencherait l'assaut mâle, je suis tombée en arrêt en lisant ceci : "…searching for woman, down to earth…"
Un seul ne m'aurait pas interpellée, mais j'ai logé un foyer comme on dit en PJ, un vivier de compagnons recherchant tous une "down to earth woman".
Bien sûr, ma sirène interne est passée au rouge : j'étais face à une tendance, mais laquelle ?
Qu'est-ce que c'était que cette "down to earth girl" wanted par tout le cheptel masculin new-yorkais de Match.com ? Y en aurait-il assez pour tout le monde ?
Translation: la fille qui a les pieds sur terre. Ouais. Et après, ça donne quoi au quotidien ? Mystère.
J'essaie de l'imaginer.
En mode beauté la "down to earth girl" enfouit dans sa besace des carrés de végétaline pour cajoler l'arrière de ses oreilles, pas la peine de se ruiner en Chanel vu qu'elle va prendre une grande frites, ça sera raccord.
Lorsque passant à la salle de bain derrière son homme avec toute la grâce d'un percheron ébouriffé, et qu'au vu de l'état des lieux, elle croît partager le terrier d'un sanglier, vous pensez qu'elle appelle SOS Femmes Bafouées ? Non ! La "down to earth girl" se dit ceci : "Bien joué ma fille, pas besoin d'un animal de compagnie, j'ai deux produits en un seul, faut seulement veiller à ce qu'il ne fasse pas peur aux voisins".
Et quand son chéri velu lui zouzouille le bigoudi, que dit la "down to earth girl" ? "Pas en levrette, je veux garder un œil sur LCI, la bourse est pas au mieux de sa forme, pas comme toi, hein ? Grand fou !"
Voilà la fille qui faisait kiffer les gars de New York l'année dernière. Et pourquoi ?
"Crise financière, panique sur les marchés, chute vertigineuse, descente aux enfers". Ça, c'est de la réponse aux interrogations existentielles. Tandis que Morgan Stanley menaçait ruine, des types pressentant l'imminence du danger, s'efforçaient de trouver sur la toile le remède au péril qu'ils avaient chouchouté.
Cette quête de la "down to earth girl" était une vraie tendance, je l'avais repérée, encore fallait-il lui trouver un terrain propice. C'est fait.
Le Monde du 16 octobre 2008, à la rubrique "Économie et Finances", titre : "Les femmes, antidote à la crise".
On apprend ainsi qu'une étude réalisée à la Business School du CERAM (École Supérieure de Commerce de Nice Sophia Antipolis", entre le 1 janvier et le 10 octobre 2008 démontre que les entreprises du Cac 40 ayant un fort taux de féminisation parmi les cadres résistent mieux aux "Tourmentes des marchés financiers".
C'est pourquoi l'Islande, en nommant Elin Sigfusdottir et Birna Einarsdottir -deux femmes- pour diriger les deux banques créées par le gouvernement pour "sauver le pays de la faillite" a sacré la stratégie du bigoudi.
"C'est toujours la même chose, a ironisé un ministre. Les hommes mettent le bazar et les femmes doivent nettoyer".
20:38 Publié dans Sweetnothings | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : meteofrance, match.com, bigoudi, vegetaline, chanel, lci, lemonde


